Sagard, Hist. du Canada, p
VERS LE PAYS DES HTTRONS
Après ce festin plus que médiocre, les deux nouveaux apôtres des Hurons durent se séparer encore pour ne se retrouver qu’au terme de leur voyage.
Le lendemain, Sagard et ses Hurons arrivèrent vers le soir à un village de Sauvages appelés “ Cheveux relevés, ” parce qu’ils “ avaient leurs cheveux parfaitement bien relevés, peignés et agencés sur le front plus droit que ne soûlaient autrefois porter nos courtisans1... ” Ils étaient “ venus camper proche la mer douce, à dessein de traiter avec les Hurons et autres qui retournaient de la traite de Québec et fûmes deux jours à négocier avec eux, pendant lesquels je fus visiter la plupart de leurs cabanes, pour apprendre leur façon de faire et quelle était leur humeur ; mais je les trouvai un peu trop sérieux et assez peu courtois, comme gens qui ne demandaient qu’à bien vendre et acheter à bon prix1. ”
Sagard vient de nommer la mer douce, qui est le lac Huron, c’était donc pour notre Récollet le commencement de ces contrées qu’il avait généreusement choisies pour son partage. Ce n’était pas le terme du voyage. Encore deux jours et le zélé serviteur de Dieu foulerait le sol de la patrie huronne pour laquelle il avait sacrifié la sienne, la belle patrie française.
“ Deux jours avant notre arrivée aux Hurons, nous trouvâmes la mer douce, (le lac Huron), sur laquelle ayant traversé d’île en île et pris terre au
l.ji Sagard, Hist. du Canada, p. 199.
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pays tant désiré, par un jour de dimanche, fête de saint Bernard, (22 août), ver? midi..., je me prosternai devant Dieu et baisai la terre en laquelle ce Souverain Monarque m’avait amené pour annoncer la parole de ses merveilles à un peuple qui ne le connaissait point, et le prier de m’assister de ses grâces, et d’être partout mon guide pour faire toutes choses selon ses divines volontés et au salut de ce peuple1. ”