Sagard, Hist. du Canada, p
AU PAYS DES HURONS
autres cabanes. Il visita aussi le cimetière, “ admirant le soin que ces pauvres gens ont des corps morts de leurs parents et amis défunts1. ”
Où étaient les Pères Viel et Le Caron ? Dans quelles bourgades avaient-ils été reçus ? Sagard n’en savait rien, et bien qu’il fût arrivé depuis assez longtemps, il n’avait rien appris sur ses confrères, quand un jour le Père Nicolas Viel, accompagné d’un Sauvage, vint le trouver. “ Je fus fort réjoui de sa venue, et de le voir plein de santé (lui qui était d’une complexion si faible) que Dieu lui avait conservée au milieu de tant de travaux et de disettes qu’il avait soufferts depuis notre partement de la traite jusques à cette entrevue, avec son barbare mal gracieux et chiche au possible à son endroit, qui le faisait presque mourir de faim2. ” Il y eut festin le soir dans la cabane de Sagard, mais toujours à la mode sauvage.
Le lendemain matin, les deux Récollets décidèrent qu’ils iraient rejoindre le Père Le Caron, qui était à quatre ou cinq lieues de là. Un Sauvage, à qui ils firent quelques petits présents leur servit de guide et se chargea de leurs paquets. Un Français, appelé la Criette, et qui avait été serviteur de Champlain, était du voyage ; il s’égara en poursuivant du gibier qu’il ne put tuer. Le Sauvage fut dépêché après lui et le ramena auprès des Récollets.
Le Père Joseph Le Caron était revenu à Caragouha, village où le premier il avait, en 1615, apporté