Sagard, Hist. du Canada, p
la lumière de la foi et qu’il avait baptisé du nom de Saint-Joseph. Là, il s’était fait construire une cabane à part, et dans cette cabane il avait offert le premier sacrifice de la messe qui ait été célébré dans ces contrées barbares. Après sept ans d’absence, il revoyait ces Hurons pour lesquels il eut toujours une grande inclination, et retrouvait sa pauvre cabane.
Les trois Récollets réunis enfin, se concertèrent pour le bien de leur mission. Ils décidèrent de se fixer tous trois à Caragouha, firent approuver par le grand chef leur résolution de vivre dans une cabane à part, et comprendre aux Rurons que pour mieux réussir dans l’entreprise qui les avait amenés de si loin parmi eux, et qui était toute à leur avantage, il était préférable qu’ils eussent un logement exclusivement à leur usage.
La cabane du Père Joseph Le Caron fut restaurée avec le concours des Sauvages. Ce petit monastère franciscain, perdu, là-bas, près du grand lac Huron, mesurait de vingt à vingt-cinq pieds de long sur douze à quinze de large ; cette humble demeure était “ faite en la forme d’un berceau de jardin, couverte d’écorce partout, excepté au faîte où|on avait laissé une fente et ouverture d’un bout à l’autre de la cabane, pour sortir la fumée1. ” Il est aisé de comprendre qu’ainsi construite, la tente de nos missionnaires ne pourrait guère les garantir des pluies, de la neige et du froid.
Cette maison, à la mode sauvage, s’élevait à une