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Chacun a apporté au festin son écuelle et sa cuillère

SAGARD ET LES HURONS

cuillères, et recommencent toujours à remplir tant (jusqu’à ce) que la chaudière soit nette, et si c’est un festin à tout manger, il faut qu’un chacun avale tout ce qu’on lui a donné, et s’il ne peut, pour être trop soûl, qu’il se rachète de quelque petit présent envers le maître du festin et fasse achever son écuelle par un autre, tellement qu’il s’y en trouve qui ont le ventre si plein, qu’il se bande comme un tambourin1. ”

“ D’être fins larrons, nos Hurons et les Pétuneux sont passés maîtres, non les uns envers les autres, car cela arrive fort rarement, mais seulement envers les étrangers, desquels toutes choses leur sont de bonne prise, pourvu qu’ils n’y soient point attrapés, comme ils (le) sont quelquefois à la traite, où les Français se donnent principalement garde des mains et des pieds des Hurons2 3. ” Plus d’une fois, les missionnaires virent disparaître de leur hutte de menus objets, et quand ils le faisaient remarquer aux Hurons, c’était bien inutilement. D’ailleurs, chez eux, cette subtilité à dérober sans être vu, était “ estimée sagesse, et bêtise de s’y laisser surprendre0. ”

Les Hurons avaient certaines maximes d’après lesquelles ils réglaient leur conduite. Sur certains points, ces maximes étaient aux antipodes des préceptes de Dieu. Voici quelques-unes de ces règles de conduite :

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