‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 205 sur 344 · Champlain, Œüvres, p · texte numérisé non relu

Champlain, Οvres, p

annonça aussi la venue du Père Joseph Le Caron et du Frère Sagard qui venaient chercher des effets dont ils avaient besoin chez les Hurons.

Le renseignement était juste. Ces deux Récollets descendirent en effet à Québec pour les intérêts de leur mission, qui promettait de bons résultats pour plus tard. Plusieurs choses avaient toujours fait défaut, d’autres étaient épuisées. Les deux compagnons du Père Yiel se décidèrent donc à entreprendre le terrible voyage des Hurons à Québec. Ils se firent accepter dans deux canots. Sagard traita son passage “ avec un capitaine de guerre nommé Angoiraste et deux autres Sauvages de sa bande, l’un nommé Andatayon et l’autre Conchionet1. ”

Avant le départ, il y eut conseil. Les Hurons prièrent Sagard de prendre leur cause à la traite afin qu’ils pussent obtenir des marchandises à prix raisonnable, et d’assurer les Français de leur constante amitié. Nos Récollets firent leurs adieux en passant par le bourg. Sagard nous rapporte les paroles touchantes de ce pauvre peuple, leur demandant de revenir chez eux. Ils disaient à Sagard : “ Gabriel, serons-nous encore en vie, et ces petits enfants, quand tu reviendras ici, tu sais comme nous t’avons toujours aimé et chéri..., ne nous abandonne donc point, et prends courage en nous instruisant et enseignant le chemin du ciel, à ce que nous y puissions aller avec toi et que le diable qui est méchant ne nous entraîne pas après la mort dans

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