Sagard, Hist. du Canada, p
la maison du feu1 2. ” Et Sagard, qui ne doutait pas de son retour, les rassura.
“ Ayant pris congé du bon Père Nicolas avec promesse de le revoir au plus tôt“, ” le Père Le Caron et le Frère Sagard partirent chacun dans un canot ; ils se retrouvèrent à Québec seulement. On était au mois de juin 1624. Nous ne signalerons pas, après Sagard, les péripéties de ce voyage long et extrêmement pénible, puisqu’il fallait un mois pour le faire, exposé à toutes les intempéries, au soleil brûlant de juin, à la pluie qui pénétrait l’habit de bure du pauvre moine. Le Sauvage, lui, n’en souffrait guère, n’ayant pour tout vêtement qu’un petit brayet, mais le Récollet, une fois bien trempé par la pluie, gardait nuit et jour son habit mouillé, devenu très lourd et fort embarrassant pour les marches pénibles occasionnées par les portages. Manger peu, peiner beaucoup, tel était le partage du missionnaire, en voyage surtout. Mais nos Récolîets, les yeux fixés sur le but sublime de leur pénible apostolat, supportaient avec plaisir les déplaisirs de tous les jours ; ils surabondaient de joie au milieu de leurs tribulations.
Champlain note ainsi l’arrivée à Québec de Sagard : “ Le 16 (juillet) le Frère Gabriel arriva
avec sept canots, qui nous réjouit grandement, nous contant tout ce qui s’était passé en son hivernement, et la mauvaise vie que la plupart des Français avaient menée en ce pays des Hurons et