Leclercq, Premier établissement de lafoy , i, p
nos 'amis, qui tâchaient de nous en dissuader, nous assurant qu’à la fin du compte, ils nous mettraient hors de notre maison et du pays ; mais il n’y avait point d’apparence de croire cette méconnaissance de ces bons Pères ; ils sont trop sages et vertueux pour le vouloir faire, et quand bien un ou deux particuliers d’entre eux en auraient eu la volonté, une hirondelle ne fait pas un printemps, ni un ou deux religieux la communauté, et par ainsi, c’eût été crime de se méfier d’eux, non pas même en la pensée, car il paraît que partout ailleurs nous avons vécu en paix avec eux1. ”
Quels furent en particulier les sentiments de Champlain à l’endroit de la requête des Récollets de Québec ? D’après Leclercq, ceux-ci consultèrent Champlain avant son départ du Canada, mais il semble que le brave marin ne voulut pas se prononcer. “ Les sentiments de Monsieur de Champlain, qu’on avait sondé là-dessus, semblaient assez équivoques2. ” Et ce qui parait manifester encore son désir de ne pas donner son opinion, c’est qu’il signale l’envoi des Jésuites au Canada sans exprimer son appréciation personnelle. Il marque seulement, après avoir cité leurs noms, qu ils partirent “ avec une grande affection, ’' pour la mission du Canada3.
La Providence avait guidé les Recollets dans le choix des Jésuites. Ceux-ci désiraient beaucoup partager les travaux apostoliques des enfants de