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Leclercq, Premier établissement de lafoy, i, p

l’histoire a conservé le nom : Ahuntsic. Le Père Yiel l’instruisit et eut le bonheur de le voir correspondre si bien à la grâce qu’il put le baptiser. Ahuntsic demeura fidèlement attaché à sa foi et au Récollet qui l’avait converti et instruit.

Un an se passa, de juin 1624 à juin 1625, de solitude, de labeur, de prières, pour le missionnaire des Hurons. A la fin de mai ou aux premiers jours de juin, au plus tard, les Hurons se mirent en route pour aller à la traite. Le Père Viel fut du voyage ; il voulut descendre à Québec dans le but d’y faire une retraite, retremper son courage auprès de ses Frères ; la traite finie, il regagnerait joyeusement sa chère mission.

Tandis que les Hurons descendaient pour la traite, les vaisseaux de France arrivaient à Tadoussac, ainsi que nous l’avons noté ; les Jésuites et le Père Joseph de la Roche d’Aillon débarquaient à Québec, et les Récollets, joyeux, donnaient une large hospitalité aux fils de saint Ignace de Loyola. Dès lors, et tous les documents de l’époque l’établissent, Jésuites et Récollets vécurent dans la plus entière concorde, également zélés pour étendre le royaume du Christ, en conquérant des peuples nouveaux à son Eglise. Les uns et les autres n’étaient venus au Canada que pour sauver des âmes et glorifier Dieu. Aussi après quelques jours de repos et de douce intimité, les uns et les autres s’organisèrent-ils d’un commun accord pour continuer les missions déjà commencées. Il fut décidé que le Pere de la Roche d Aillon, Recollet et le Père de Brébeuf, Jésuite, profiteraient de la traite pour

aller rejoindre chez les Hurons le Père Nicolas Viel. Cette mission promettait de bons résultats ; et l’avenir le prouva bien. Cette année-là, 1625, les Trois-Rivières étaient le principal poste où se faisait la traite. Notre Récollet et le Jésuite s’y rendirent “ par la barque de Messieurs de la compagnie qui y allaient en traite. Ils y furent reçus charitablement par notre missionnaire qui y résidait et qui prit part à la joie commune de nos Pères pour l’arrivée de ces nouveaux apôtres1. ” Les chefs de la traite firent don aux deux missionnaires de divers ustensiles qui pouvaient leur être utiles au pays des Hurons et de menus objets pour donner aux Sauvages qui les assisteraient en voyage et chez eux. Ils trouvèrent place dans deux canots moyennant quelques présents.

Sur ces entrefaites, ils s’informèrent du Père Nicolas Viel. On ignorait encore qu’il eût quitté le pays des Hurons pour venir à Québec. Ils finirent par apprendre la terrible nouvelle, que ce vaillant missionnaire avait été noyé par des scélérats dans la rivière des Prairies, avec son néophyte Ahuntsic. Les Pères de Brébeuf et de la Ruche d’Aillon allaient-ils se risquer quand même ? Etait-il prudent et sage de se confier à ces Hurons dont quelques misérables avaient, à dessein peutêtre, causé la mort du brave Récollet et de son disciple ? Les deux missionnaires ne crurent pas devoir tenter l’entreprise.

Le Père Lalemant, dans sa lettre à Champlain,

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