Relation de 1636, éd. de Québec, p
maltraités, assommés de leurs avirons peut-être, et puis les voyant baignés dans leur sang et sans vie, ils ont achevé leur barbare action en jetant les deux corps dans le dernier saut1 ...” Ce saut “ dernier ” longe hile de la Visitation et au printemps surtout il bondit avec ses flots gonflés et écumants. C’est dans ces eaux en furie, au bruit des vents déchaînés d’une tempête qui avait divisé les frêles barques indiennes, que l’âme du premier martyr canadien prit son vol vers les cieux.
“ Le premier il marcha dans cette héroïque voie de l’immolation complète en tête de la glorieuse phalange de nos autres martyrs2. ”
Le “ Mortuologe3 ” des Récollets de Saint- Denys dit expressément que le Père Nicolas Viel u fut jeté dans le fleuve en haine de l’Evangile et de la foi qu’il prêchait, par ceux-là même qui le conduisaient dans leurs canots. ”
L’histoire chronologique de la Province de Saint- Denys, au chapitre vingtième, paragraphe deuxième : Des religieux singuliers en vertus, renferme l’éloge suivant du Père Nicolas Viel : “ Le Vénérable
Père Nicolas Viel a été un prédicateur très considérable par sa ferveur, il. . . est demeuré deux ans parmi les Sauvages (du Canada) afin d’apprendre
1. C’est aussi l’opinion du Pève Martin, Jésuite. “ Le Père Viel avait été assassiné par les conducteurs de son canot, trois païens connus pour leur haine de la foi. ” Il appelle le Père Viel : “ la première victime religieuse qui arrosa de son sang la terre du Canada.” Le Père Jean de Brébeuf, Paris 1877, p. 31.