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Le Sault-au-Récollet, p

tionné au jour de son décès. Le Père Nicolas \ iel est mort le 25 juin 1625 à la rivière des Prairies. C’est bien l’époque ordinaire de l’arrivée des Hurons pour la traite. Après que le Père Yiel et son compagnon eurent été jetés dans le rapide, les Sauvages purent continuer leur route jusqu’aux Trois-Rivières. Quand les Pères de Brébeuf et de la Roche d’Aillon arrivèrent “ environ en juillet ” comme dit Sagard, la traite battait son plein.

Pour ce qui est de l’inhumation du Père Viel, voici ce que dit le Mortuologe : “ son corps ayant été retiré de l’eau fut enterré dans notre chapelle de Saint-Charles à Québec, parmi les larmes et les regrets de nos confrères qui y demeuraient alors, c’est-à-dire l’an 1625. ” Rien dans ce texte ne précise le jour de cet événement et telle quelle la phrase n’exige pas absolument que le corps, étant retrouvé, ait été immédiatement transporté à Québec. Aussi bien acceptons-nous volontiers l’explication de Monsieur l’abbé Beaubien sur la présence d’une croix qui de tout temps “ a été entretenue sur la partie la plus élevée de l’île de la Visitation. Elle s’élève en face du saut réellement le dernier de la rivière des Prairies. Aucune raison ordinaire ne peut y expliquer sa présence. Ce n’était pas la croix sur le bord du chemin ; de tout temps, elle dominait une île inhabitée. Si vous demandez aux anciens pourquoi cette croix a été plantée, ils vous répondent qu’ils ont entendu dire dans leur jeune âge qu’ autrefois un religieux a été enterré là.

“ Je recueille cette tradition avec un profond respect ; personne ne m’accusera de témérité en

m’appuyant sur elle pour dire que le vaillant martyr a bien pu dormir son dernier sommeil de mort sur cette place, là où la croix s’élève, et que l’on a entretenu avec tant de fidélité. . .

“ Ne puis-je pas supposer qu’on l’a enterré à cet endroit et qu’on est venu le chercher plus tard dans une embarcation plus propre à son transport ? Je ne vois que cette manière d’expliquer la présence de cette croix, comme aussi la tradition qui s’y rattache1. ”

La paroisse du Sault-au-Récollet, en particulier, a conservé le souvenir pieux de celui dont la mort lui a valu son nom. En 1903, guidée dans son patriotisme et sa foi par Monsieur l’abbé Ch.-P. Beaubien, alors curé du Sault-au-Récollet, la population de cette paroisse a glorifié magnifiquement le Père Nicolas Vie! et son disciple Ahuntsic. Le 30 mai 1903, deux monuments en granit, érigés devant l’église paroissiale, donnèrent occasion a de très belles fêtes en l’honneur de ces deux premiers martyrs de la foi au Canada.

1 L’abbé Ch.-P. Beatjbien, Le Sault-au-Récollet. Volume de XVI-505 pages. Montréal, 1898, p. 88 et 90.

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