Champlain, Œuvres, p
3. Nous tenons cependant à signaler le doute soulevé par Mr le Dr N.-E. Dionne. Le savant historien de Champlain se demande si Emery de Caen ne s’était pas fait catholique. Et les faits qu’il rapporte, tendant à prouver la conversion de ce gentilhomme, ne •sont pas sans valeur. Nous renvoyons au chapitre 21è“e du livre IVe de : Samuel Champlain, n, p. 261 et ss.
qui eut la conduite des navires dans le fleuve. Voici ce qui se passa d’après Champlain. “ Nous levâmes l’ancre et mîmes sous voile avec vent favorable. Le soir le dit Emery fit assembler son équipage leur disant que Monseigneur le Duc de Ventadour ne désirait (pas)1 qu’ils chantassent les psaumes dans la grande rivière comme ils avaient fait à la mer ; ils commencèrent à murmurer et dirent qu’on ne leur devait (pas) ôter cette liberté ; enfin fut accordé qu’ils ne chanteraient leurs psaumes, mais qu’ils s’assembleraient pour faire leurs prières, car ils étaient presque les deux tiers de huguenots, et ainsi d’une mauvaise dette l’on en tire ce que l’on peut2. ”
Le 29 de juin le navire entra au port de Tadoussac. Deux jours auparavant, durant une escale, un Français de Québec, était venu à bord donner des nouvelles des hivernants. Du Pontgravé avait été gravement malade ; la misère régnait ; il restait encore un peu de farine qu’on gardait pour les malades, les autres se nourrissaient de sagamité, à la façon des Sauvages.
Ici Champlain fait les tristes réflexions suivantes : “ voilà les risques et fortunes que l’on court la plupart du temps d’abandonner une habitation et la rendre en telle nécessité qu’ils mourraient de faim si les vaisseaux venaient à se perdre, et si l’on ne munît la dite habitation de vivres pour deux ans . . . (en) attendant que la terre soit cultivée en quantité