Sagard, Hist. du Canada, p
rait, nonobstant la pauvreté du couvent, et lui donna deux paires de raquettes, un sac de pois et un sac de grosses fèves, avec quelques autres petites choses propres à son voyage ; car en vérité, sans exagérer la vertu de ce bon Père, il était tellement porté de leur bien faire et à tous les Sauvages généralement, qu’il se privait souvent, lui et ses Frères, de ce qui leur faisait besoin, pour les accommoder, de quoi il était aucune fois (quelquefois) blâmé par ceux qui ne pouvaient approuver ses libéralités, et cet excès de charité envers des personnes qui n’étaient pas encore chrétiennes ni en terme de l’être1. ”
Le Sauvage fut très sensible à ces bienfaits. Il “ fit plusieurs compliments à sa mode, ” dit Sagard, recommanda sa famille au Père Le Caron et, ce qui l’honore davantage, demanda instamment au Récollet, dans le cas où l’enfant dont la naissance était prochaine, tomberait en danger de mort, de le baptiser “ puisque tu dis qu’il le faut être pour aller au ciel2. ” Il assura le Père que sa femme lui avait témoigné le même désir.
Kakemistic partit pour le Saguenay. Peu de temps après l’enfant naquit, une fille “assez faible et fluette3. ” Le Père Le Caron vint la voir, et comme elle paraissait vouloir vivre quelques jours encore, il ne la baptisa point, voulant en offrir le mérite au Père Lalemant. Étant allé l’inviter, ils