Sagard, Hist. du Canada, p
(avant) que ceux de sa nation ne fussent arrivés à Québec pour en faire le festin plus solennel, et leur témoigner par effet l’aise et le contentement qu’il avait du baptême de sa fille, et qu’à présent il se pouvait dire parent et allié de tous les Français, depuis cette magnificence1. ”
Les missionnaires lui firent comprendre qu’on ne pouvait attendre l’arrivée des Montagnais et le persuadèrent de faire enterrer son enfant avec les cérémonies de l’Eglise. “ A cette cérémonie se trouvèrent deux de nos religieux, savoir le Père Joseph et le Frère Charles, le Père Lalemant et le Frère François, Jésuites, avec plusieurs Français de l’habitation, qui tous ensemble se transportèrent à la cabane de la défunte, qu’ils prirent et la portèrent solennellement en la chapelle de Québec, chantant le psaume ordonné pour les enfants ; puis le Révérend Père Lalemant, ayant dit la sainte messe, on fut l’enterrer au cimetière avec un assez beau convoi pour le pays : car le père de l’enfant marchait tout le beau premier, couvert d’une peau d’élan toute neuve enrichie de matachias et bigarrures, et avec lui marchait le sieur Hébert et les autres Français ensuite, selon l’ordre qu’il leur était ordonné, non si gravement mais moins modestement que ce Sauvage qui tenait mine de quelque signalé prélat2. ”
Au cimetière, la cérémonie fut un peu déparée par la cupidité qui se fit jour chez quelques Fran-