Champlain, Œuvres, p
LES ENVOYÉS DE ROME
“ Qui n’admirerait ici la prudence et la délicatesse de ces bons religieux franciscains au sujet de la juridiction apostolique, source de toute autorité pour le gouvernement des âmes1. ”
Les Récollets de Saint-Denys s’adressèrent donc à Rome. Si nous consultons les ouvrages où sont rappelés les commencements de l’Eglise au Canada, nous trouvons citée tout au long, ou pour le moins mentionnée clairement, la lettre écrite au nom du Pape Paul V. par son Nonce à Paris, Guy Bentivogîio. Mais cette lettre fut donnée “ à Paris, l’an de Notre Seigneur 1618, le vingtième du mois de mars2 3. ” Or les Récollets étaient au Canada depuis le printemps de 1615. Cette lettre arrivait un peu trop en retard. A cela Sagard et Leclercq, entre autres, répondent que le Nonce à Paris, qui, en 1615, était Robert Ubaldini, autorisa les Récollets à se charger des missions canadiennes, verbalement et “ selon l’ordre qu’il en avait reçu du Pape, en attendant le bref que Sa Sainteté lui envoya en date du vingt mars 1618 ’. ”
Nous admettons avec raison la délégation verbale ; mais en réalité ce n’est pas assez dans l’occasion présente. Il existe d’ailleurs aux archives du Vatican des pièces authentiques, ignorées jusqu’à ce jour de tous nos historiens anciens et récents et qui illustrent d’une manière toute nouvelle l’éta-
1. L’abbé Auguste Gosselin, La Mission du Canada avant Mgr de Laval, p. 8.