‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 261 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

retourner au moins pour un temps avec son bel habit, mais le Récollet maintint la condition, et la crainte de perdre son joli costume fit peu à peu évanouir son chagrin.

Le Frère Sagard fait ici la réflexion suivante: “ il faut avouer qu’il y eut un rude combat à cette séparation, et puis le diable y allumait bien des tisons, car il y allait de son intérêt, comme la suite de ce discours vous fera voir. Ce petit se rendit si soigneux d’apprendre la doctrine chrétienne et les prières nécessaires qu’il s’en faisait admirer, car outre qu’il avait l’esprit bon et la mémoire heureuse pour bien apprendre, il avait je ne sais quoi de gentil qui le faisait aimer et espérer de lui quelque chose de bon pour l’avenir.

“ Après qu’il eut appris ses petites prières, il ne manquait pas de les réciter soir et matin, à genoux devant une image dévote ou à l’oratoire, et ne se couchait jamais qu’au préalable il ne se fût recommandé à Dieu et fait le devoir d’un bon chrétien, païen qu’il était1. ” Il devint même petit apôtre, invitant les petits garçons sauvages, cabanés près de Québec, à s’instruire comme lui et les mourants à se faire baptiser, ce qu’il désirait beaucoup lui-même. C’est pourquoi il fut décidé que le baptême lui serait conféré à Pâques, ou du moins dès que les navires de France seraient arrivés.

Pendant ce temps “ il apprit, dit Sagard, toute sa croyance, son catéchisme et les commandements

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