Sagard, Hist. du Canada, pp
LE PETIT LOUIS
jusqu’après les vêpres. Le Père Joseph Le Caron prit avec lui son néophyte et Pierre- Antoine Pastedechouan, que nous connaissons déjà. Choumin s’y trouva aussi et essaya encore de gagner son fils. Mais celui-ci n’en voulut rien entendre.
Les vêpres chantées, le Père Joseph reprit le chemin de Notre-Dame-des- Anges avec Pierre- Antoine, pensant que si Naneogauachit, qu’il ne voyait pas, n’était déjà rendu, il se retrouverait bien. Celui-ci, ayant quitté son père, se vit obligé de s’en retourner seul au couvent. “ Etant arrivé, dit Sagard, au-dessus de la côte du fourneau à chaux, qui est à un grand quart de lieue de notre couvent, chantant comme ils ont accoutumé allant par les bois, s’apparut à lui un fantôme en guise de vieillard, ayant la tête chauve et une grande barbe toute blanche, (et) qui n’avait point de pieds, mais seulement deux bras et deux ailes, avec lesquelles il voltigeait autour de lui, lui disant : “ Quitte les religieux et le Père Joseph, ou autrement je te tuerai1 2. ” Mais l’enfant quoique très surpris, n’écouta point le fantôme qui alors, se jetant sur lui, le renversa dans la neige", et le pressa si fort que 1 exifant cria de douleur en appelant le Père Joseph à son aide. A ce nom, le fantôme s’éloigna et disparut emportant la coiffure de Naneogauachit. Celui-ci se releva aussitôt, se mit à crier et à • courir, toujours vers Notre-Dame-des-Anges. Il retrouva son chapeau qu’il ramassa, tandis qu’une voix lui or-