‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 269 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, pp · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, pp

nous apprendrons à vos enfants et à vous-mêmes, si vous voulez vous en donner la peine. Cela fini, un chacun se leva pour aller au festin. ”

Le parrain et la marraine s’intéressèrent à la fête que Sagarcl va nous dépeindre. “ Les Révérends Pères Jésuites, nos religieux et quelques capitaines sauvages, avec Pierre-Antoine et le nouveau baptisé avec ses principaux parents, allèrent dîner à l’habitation avec le sieur Champlain ; Escouachit, capitaine Montagnais, alla chez la dame Hébert, où se préparait le grand festin des Canadiens, pour leur distribuer la viande, car entre eux chacun se contente de ce qu’on lui donne et personne ne prend lui-même au plat.

“ Les viandes qui furent employées à ce solennel festin furent en très grande quantité, car il y avait premièrement 56 outardes ou oies sauvages, 30 canards, 20 sarcelles et quantité d’autres gibiers, que Pierre- Antoine Patetchouan et Naneogauachit destiné au baptême, et quelques Français que le sieur de Champlain avait prêtés, tuèrent au cap Tourmente pendant trois jours qu’ils y giboyèrent. Le sieur Destouches, Parisien, y contribua de deux grues qu’il avait tirées près de notre couvent et deux corbillons de pois. Plusieurs autres Français firent aussi leur présent, et Messieurs de la traite, principalement, desquels on eut deux barils de pois, un baril de galettes, 15 ou 20 livres de pruneaux, six corbillons de blé d’Inde et quelques autres commodités, qui furent mises avec tout le reste des viandes, blé, pain, pois et pruneaux dans la grande chaudière à brasserie de la dame Hébert.

LE PETIT LOUIS

“ Les officiers qui eurent soin de disposer ce banquet solennel, furent Guillaume Couillard, gendre de la dame Hébert, Pierre Magnan qui a été depuis mangé par les Iroquois1, un nommé Mathieu, celui qui avait hiverné avec nous aux Hurons2, et Jean Manet, truchement des Skécanéronons3. Lesquels, après avoir fait bien bouillir le tout ensemble, pêle-mêle, dans cette grande chaudière, se servirent des grands râteaux du jardin en guise de fourchettes, pour en tirer la viande, et d’un sceau attaché au bout d’une perche, pour en puiser le bouillon, qui fut distribué et partagé avec la viande par le capitaine Escouachit à toute la compagnie, commençant par lui le premier. Et après qu’ils furent tous bien rassasiés, ils dansèrent à leur mode, puis emportèrent le reste des viandes dans leurs cabanes, disant qu’ils voudraient qu’il y eût tous les jours baptême pour y faire tous les jours bonne chère4. ”

Par un autre passage de l’intéressante Histoire du Canada de Sagard, nous voyons que les Récollets utilisaient beaucoup l’image pour instruire les Sauvages et le petit Naneogauachit lui-même.

1. Parti en ambassade pour le pays des Iroquois avec trois Sauvages et un Iroquois prisonnier, le 24 juillet 1627, il fut d’abord bien reçu, quand survinrent des Tsonnantouans qui, ayant à se venger, tuèrent à coup de hache le Français et ses compagnons hormis l’Iroquois. Cf. p. 396 de cet ouvrage.

2. Mr le Dr Dionne le signale comme : employé. Samuel Champlain, n, p. 433.

3. D’après le Dr Dionne, Manet était interprète chez les Nipissiriniens. Les Skécanéronons ne sont autres que les Nipissinniens. Cf. Sagard, Grand voyage du pays des Hurons, p. 42.

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