Sagard, Hist. du Canada, pp
Quelque temps après le baptême de celui-ci, plus justement dans l’hiver de 1627 à 1628, Oustachecoucou, Sauvage très attaché aux Français et appelé par eux le grand oncle du Père Joseph, parce que ce Père avait passé un hiver avec ce Sauvage, fut tué par sa femme et mangé. Il était parent du petit Louis. Celui-ci ayant appris le fait à Québec, s’en vint à Notre-Dame-des- Anges et demanda le Père Joseph Le Caron. “ Hélas ! dit-il, qu’il sera fâché de la triste nouvelle que je viens d’apprendre à Québec.” Puis il ajouta : “ tôt, tôt, (vite, vite), mon frère, ouvrez-moi promptement la porte de votre chambre, que je vois si Oustachecoucou est dans l’enfer, car il est mort sans être baptisé. ” Il faisait allusion à un grand tableau du “ jugement, en taille-douce, dans l’enfer duquel il le pensait trouver, dépeint- avec les autres damnés ; car nos religieux avaient accoutumé de leur montrer cette image pour leur mieux faire comprendre les fins dernières de l’homme, la gloire des bienheureux et la punition des méchants.
“ En vérité, les images dévotes profitent grandement en ces pays-là, ils les regardent avec admiration, les considèrent avec attention et comprennent facilement ce qu’on leur enseigne par le moyen d’icelles. Il y en a même de si simples qui ont cru que ces images étaient vivantes, les appréhendaient et nous priaient de leur parler ; c’étaient les livres où ils apprenaient leurs principales leçons, mieux qu’en aucun de ceux desquels ils ne faisaient que compter les feuillets1. ”