Sagard, Hist. du Canada, p
une vengeance de la mort de son fils, qui avait été pris et mangé en leur pays1. ”
Ils avaient aussi beaucoup souffert en route, mais ils n’en chantaient pas moins pour cela, au contraire, ils faisaient paraître un ’ courage et une gaieté surprenante, selon l’habitude de tous les Sauvages qui les porte à paraître insensibles aux injures et aux tourments.
Le festin fini, les prisonniers furent conduits en une autre cabane où jeunes filles et jeunes gens exécutèrent une danse à leur mode, autour des deux Iroquois. Ceux-ci chantèrent tandis que les autres se livraient à une danse furibonde. “ Leurs postures et leurs grimaces semblaient de démons. Ils frappaient du talon en terre de telle façon que le bruit en retentissait partout, car c’est leur mode de se démener fort2. ”
Il faut faire connaître les instruments de musique, dont les sons, joints aux chants des prisonniers, donnaient aux danseurs la mesure et la cadence. Ces instruments “ étaient une grande écaille de tortue et une façon de tambour de la grandeur d’un tambour basque, composé d’un cercle large de trois ou quatre doigts et de deux peaux raidement étendues de part et d’autre, dans quoi étaient des grains de blé d’Inde ou petits cailloux pour faire plus de bruit. Le diamètre des plus grands tambours est de deux palmes ou environ ; ils ne le battent pas . . . mais ils le tournent et remuent pour faire