‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 278 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

quel goût et quelle couleur pouvait avoir ce beau potage, et s’il (ne) fut pas nécessaire à ce bon religieux de se surmonter soi-même pour goûter d’une telle viande, de laquelle il mangea néanmoins un peu, pour ne pouvoir plus1. ”

Après le festin, le Récollet, et certainement aussi le Père Lalemant, Jésuite, essayèrent de faire délivrer les deux prisonniers, mais inutilement. Les Montagnais dirent que la guerre existait sans merci entre eux et les Iroquois et leur permettait d’user de toutes les rigueurs, comme font les Iroquois envers les Montagnais. Que s’ils ne faisaient pas mourir les prisonniers, ils passeraient pour gens sans énergie et sans courage. Les prisonniers seraient donc mis à mort au cap de la Victoire, en présence de tous les Sauvages accourus à la traite. Toutefois, ils voulurent bien retarder l’exécution de leur dessein jusqu’à l’arrivée à la traite de Champlain et de plusieurs capitaines Montagnais.

Sur ce on se mit en route pour traverser le lac Saint-Pierre et se rendr e à la traite. Le Père Lalemant et le Frère Gervais prirent les devants, à la voile. Le vent contraire les retint d’abord à l’entrée du lac ; le lendemain, ils atteignirent le milieu du lac, mais le vent, derechef contraire, les porta vers le sud et ils allèrent “ mouiller l’ancre le travers d’une petite rivière qui vient du côté du sud2, où déjà étaient à l’abri plusieurs canots sauvages attendant

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