CHAPITRE XXXIII
NAPAGABISCOU
apag ABiscou, appelé par les Français Tré-
1 N gatin, était un de ces charlatans sauvages qui prétendaient guérir les malades selon la méthode que nous avons déjà décrite. Il était Algonquin de nation. Sagard attribue sa conversion au discours que fit le Père Le Caron après le b apte me du petit Louis.
Ci 'ourinion qui, le premier, répondit au Père Joseph, avait promis que les capitaines tiendraient conseil le lendemain pour délibérer sur les avis du Pmcollet. Ils tinrent parole.
“ Les barbares, dit Sagard, ayant ruminé le discours de ce bon Père, tinrent conseil par entre eux et résolurent de se faire instruire et donner de leurs enfants pour être enseignés en la voie du ciel, comme il leur avait été dit. Ils députèrent deux capitaines pour lui en donner avis, savoir Chiméourmion et Escouachit, lesquels le prièrent de se transporter avec eux à Québec, où le sieur de Champlain et le Sauvage Mabigan Aticq l’attendaient à ce sujet pour aviser des moyens. Le Père Joseph ne perdit-
point de temps et ayant prié le Père Charles Lalemant, supérieur des Révérends Pères Jésuites pour lors encore logés avec nous, dans notre couvent, d’y assister, s’en allèrent de compagnie avec les deux Sauvages1. ”
A Québec, le Père Le Caron renouvela aux Sauvages ses exhortations, leur fit remarquer que les missionnaires, pour bien les instruire, étaient obligés d’apprendre leur langue, que leur vie vagabonde était un sérieux obstacle à cette étude. Le missionnaire s’épuisait en effet dans ces courses à travers bois et par les rivières, sans beaucoup de profit. Il insista pour qu’ils essayassent de se cabaner dans les environs de Québec et d’y cultiver la terre.
Le Père Le Caron poursuivait ainsi un projet fort opposé, sans doute, aux habitudes des Sauvages, mais qui cependant aurait dû être réalisé, et aurait pu l’être, si les maîtres du pays, les marchands, s’étaient employés à le faire réussir.
Un peu avant sa mort, Champlain essaya de fixer les Montagnais errants, et en 1637, le Père Paul Le Jeune, Jésuite, verra avec joie un capitaine de cette nation le prier de l’accompagner auprès du gouverneur, alors Mr de Montmagny, pour lui rappeler les promesses de Champlain de les aider à se former une bourgade près des Trois-Rivières. Le Père Le Jeune, prenant la parole, confirma la vérité de leur assertion, mais il ajouta qu’on leur avait promis de l’aide à condition “ qu’ils se rendraient sédentaires et qu’ils donnassent leurs enfants pour