Sagard, Ilist. du Canada, p
Iypes actuels de diverses races indiennes du Canada Aux fêtes du 3ème centenaire de Québec, 1908.
NAPAGABISCOU
être instruits et élevés en la foi chrétienne1. ” On croirait entendre en 1637 le Père Le Caron de
Le Récollet ayant parlé, “ le capitaine Montagnais prit la parole et fit une harangue accompagnée de son éloquence ordinaire et dont voici la teneur : “ Vous qui êtes ici assemblés, écoutez, considérez, et prêtez l’oreille à ce que je vais vous dire, afin que vous en puissiez faire fruit. Il est vrai que nous n’avons pas d’esprit nous autres barbares, nous le connaissons bien à présent, au lieu que dans le passé nous nous croyions sages ; mais aussi faut-il avouer que vous en avez bien peu (d’esprit) vous Père Joseph, en cette demande que vous nous faites de cultiver les terres et nous habituer auprès de vous avec toutes nos familles, comme nous eD avons eu autrefois le dessein par tes remontrances, desquelles depuis longtemps tu n’as plus osé dire mot ou pour y être contrarié par les Français, ou pour considérer toi-même que nous n’avons pas de quoi vivre, ni toi moyen de nous en donner pendant que nous abattrions les arbres et défricherions les terres. Mais si les Français avaient du courage assez de nous en prêter pendant un an ou deux qu’il nous faudrait pour disposer ces terres, nous nous y emploierions de bonne volonté avec toute nos familles, qui ne demanderaient pas mieux, et, y ayant de quoi les nourrir, nous irions a la chasse et rendrions aux Français leurs vivres en des pelle-
1. Relations des Jésuites. Relation de 1637, p. 81, 1ère col., éd. de Québec.
teries et fourrures plus qu’ils ne nous auraient prêté, autrement nous ne pouvons pas nous arrêter en un lieu sans mourir de faim. Voyez donc si vous pouvez nous assister et, selon vos offres, nous tâcherons de satisfaire à vos désirs1. ”
La parole était aux Français. Il nous semble voir d’ici Champlain, impatient de répondre pour dire à ces Sauvages nomades : parole d’honneur, le secours que vous demandez, vous l’aurez pour le bien de vos âmes et la gloire de Dieu. Mais Champlain ne pouvait pas promettre ce qu’il n’avait pas. Le secours devait venir des marchands. Les employés de la compagnie des sieurs de Caen, présents à cette assemblée, le comprirent bien. Leur réponse fut qu’à ce moment les provisions étaient rares et qu’il fallait attendre l’arrivée des navires ; mais il était hors de doute que les navires n’apporteraient, selon la coutume fort répréhensible, guère plus que ce qui était nécessaire aux hivernants pour l’année.
Cette réunion avait eu lieu le lundi ou mardi de la Pentecôte, 24 ou 25 mai. Le 7 juin, un canot apporta à Québec la nouvelle de l’arrivée des navires à Tadoussac, le 31 mai, sous la conduite des sieurs de la Raide et Emery de Caen.
Nous avons vu que la traite eut lieu au cap de la Victoire. C’est à ce dernier endroit ou plus justement sur les bords et à l’embouchure de la rivière Richelieu que Napagabiscou reçut le baptême vers la fin de juillet ou dans les premiers jours d’août. Il est certain, d’après Champlain ; lui-même, que la