‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 288 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

NAPAGABISCOU

reprit ses sens et dit : Jésus, Marie, en joignant les mains comme il l’avait appris à Notre-Damedes- Anges. Puis il dit au Récollet : Frère Gervais, je m’en vais mourir, comme tu vois, je te prie donc de me baptiser présentement, car si je meurs sans l’être, tu répondras de mon âme devant Dieu ; il n’y aura point de ma faute, elle sera toute tienne ; quel témoignage veux- tu davantage de moi que de croire tout ce que tu crois et te promets que si je retourne en convalescence que j’irai demeurer proche de toi pour me faire plus amplement instruire1. ” Tous les Français dirent qu’il fallait le baptiser. Le Frère Gervais se rendit alors aux désirs du malade. Il lui fit redire par interprète les principaux mystères de la foi. Puis tous à genoux “ dirent le Veni Creator, le Salve Regina et le Salve Saucte Pater 2. ” Le Frère Gervais demanda derechef au néophyte “ s’il croyait tout ce que lui et nos autres Frères lui avaient enseigné, et ayant dit que oui, il rentra dans une grande convulsion, pendant laquelle il fut baptisé, et peu après estimé pour mort l’espace de demi-heure, après laquelle il assura lui-même être baptisé, ayant ouï les paroles et senti l’eau tomber sur sa tête, et que depuis il n’avait rien entendu ni senti de tout ce qu’on lui avait fait3. ” L e Te Deuvi fut récité dans la pauvre cabane. On félicita le nouveau chrétien.

Mécabau eut son mot à dire au Récollet : “ Mon

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