‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 289 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

Frère, tons mes parents et amis qui sont ici présents et moi sommes bien aises que tu aies baptisé mon gendre et fait enfant de Dieu comme toi1. . . ” Et aux Sauvages il dit : “ S’il meurt, il ne faut pas que vous en parliez sinistrement, et juger mal du baptême, comme quelques-uns ont fait. Je porterai son corps en la maison du Père Joseph afin de l’y enterrer auprès du sieur Hébert2. ” La femme du malade, silencieuse jusque-là, mais contente, approuva les remarques de son père.

De par la volonté de celui-ci, le Frère Gervais fut chargé de soigner Napagabiscou, avec défense à tout jongleur de venir “ chanter ” le malade. Le Hécollet prit le sac de Trégatin pour détruire les instruments qui avaient servi à faire ses sorcelleries. “ Il y avait premièrement une pierre un peu plus grosse que le poing, taillée en ovale, de couleur un peu rouge, ayant un trait noir autour prenant d’un bout à l’autre3. ” Les Sauvages croyaient que si le malade devait mourir, la pierre s’ouvrait à la ligne noire, sinon qu’il vivrait. “ Il y avait aussi cinq petits bâtons de cèdre, longs de six ou sept pouces chacun, et un peu brûlés autour, ” et enfin un petit tambourin4. Le Frère Gervais jeta la pierre à la rivière et les bâtons au feu.

Il soigna si bien son malade qu’il le ramena à la santé. Trégatin fit ce qu’il avait promis. A l’automne, il alla se cabaner près de Notre-Dame-des- Anges

Page 1