Sagard, Hist. du Canada, p
NAPAGABISCOIT
et se fit instruire de tout ce qui est nécessaire au salut. Ilne voulut plus jamais “ chanter les malades. ”
“ On lui enjoignit d’aller toutes les fêtes et dimanches à la sainte messe, et pour ce qu’ils n’ont aucun dimanche, on lui faisait remarquer le septième jour, ce qu’il fit dès lors assez exactement. Un jour qu’il avait manqué de s’y trouver, le Père Massé, Jésuite, le rencontrant, lui dit : “ Tu n’as point assisté aujourd’hui à la sainte messe, cela n’est pas bien. ” L’autre lui repartit : “ Je ne
savais pas qu’il y fallût assister aujourd’hui, mais afin que je n’y manque plus, je vais me cabaner en lieu plus commode et quand tu iras dire la sainte messe, tu m’appelleras en passant et je te suivrai pour n’y plus manquer1. ”
Napagabiscou persévéra-t-il dans la foi ? Champlain dit que non. Mais il faut faire ici les mêmes réserves que nous avons faites au sujet du petit Louis. Dès lors, le témoignage de Sagard dans ces. matières est plus sûr. Sagard a fort bien connu et lu les relations de Champlain ; il ne serait même pas étonnant qu’il y fit allusion quand il écrit : “ Il y en a qui ont voulu dire que ce pauvre baptisé est retourné parmi les païens, sans considérer que, n’ayant pas de quoi vivre, il lui a bien fallu qu’il en cherchât où il pouvait, puisque nous n’avions pas les moyens de le nourrir, ni les Français la dévotion de l’entretenir, mais il ne se trouvera point que depuis son baptême il ait fait le manitousiou, ni usé de ses anciennes superstitions2. ”