‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 293 sur 344 · Relation de 1626 , éd. de Québec, pp. 7, 8. jj · texte numérisé non relu

Relation de 1626 , éd. de Québec, pp. 7, 8. jj

3. I . de Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au xvue siècle, i, p. 453, texte latin de cette lettre. On peut en voir une traduction français? dans Carayon, Documents inédits, tome xii, p. 117.

En France, le Père Noyrot déploya une activitéremarquable pour promouvoir les intérêts de samission. Il n’est pas douteux non plus qu’il se fit le porte-voix de la colonie contre la compagnie des de Caen. Guillaume de Caen dut en avoir connaissance1. Charlevoix dit même que le duc de Ventadour lui en écrivit sur un ton qui le mortifia beaucoup2. Si bien que, soupçonnant les Jésuites d’être la cause de ces reproches, il se vengea sur eux, mais d’une manière indigne au dernier point.

Le Père Noyrot s’employa activement à préparer pour le printemps de 1627 un chargement de tout ce qui était nécessaire aux Jésuites de Québec. Il fréta pour cela un navire. Mais quand il fut question de partir, Guillaume de Caen manœuvra si bien qu’il fit arrêter le navire du Père Noyrot. Ce ne fut pas seulement des “ ballots expédiésaux Jésuites de Québec3, ” mais le navire et sa cargaison, que Guillaume de Caen empêcha

1. U n’est pas exact de dire que “ Guillaume de Caen et le capitaine de la Raide, qui étaient venus en France sur le même vaisseau que le Père Noyrot, avaient surveillé toutes ses démarches et fini par pénétrer ses desseins. ” P. de Roceemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-France au xvne siècle, i, pp. 165, 166. Guillaume de Caen ne put se livrer à cet espionnage pour la bonne raison qu’il n’était pas du voyage ; sc:ul son neveu Emery vint au Canada en 1626, avec de la Raide comme amiral de la flotte. De plus, de la Raide et Emery de Caen avaient chacun leur navire à commander. Voir plus haut, chapitre xxvm, et c’est sur le navire du sieur Emery de Caen que le Père Noyrot repassa la mer.

2. Hist. générale de la Nouvelle-France, tome 1er. livre iv, pp. 160,

3. Père de Rochemonteix, Les Jésuites et la Nouvelle-Franceau xvne siècle, i, p. 166.

de partir. Leclercq nous l’apprend1, et Champlain avant lui fait bien voir qu’il s’agit d’un vaisseau2.

Quand au mois de juin 1627, le Père Lalemant vit arriver Emery de Caen, puis de la Raide, pour la traite, il s’attendait bien à recevoir des nouvelles de l’envoi à lui destiné.

Ne voyant rien venir, n’apprenant aucune nouvelle, le Père Lalemant, inquiet, ne savait quoi penser, “ sinon que le vaisseau où devait venir le Père Noyrot (qui s’était équipé à Honfleur) fut perdu et pris par les Anglais3. ” Guillaume de Caen avait bien écrit à Champlain, mais il lui avait mandé “ peu de chose, ” et pas de détails sur l’envoi préparé par les Jésuites, sinon que le Père Noyrot l’avait “ désobligé4. ”

La situation devenait, par le fait, intolérable pour les Jésuites de Québec. Ils avaient “ de vingtsept à vingt-huit personnes5 ” à nourrir, eux compris. On escomptait pour cela les vivres et secours promis ; ils n’arrivaient pas. Il était impossible de garder autant de monde jusqu’au printemps de 1628. D’autant plus que, Champlain le dit luimême, les hivernants furent laissés par les marchands “ assez mal accommodés de toutes les choses nécessaires pour le maintien d’une habitation,

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