‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 294 sur 344 · Champlain, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Champlain, Œuvres, p

Photo. Livernoib.

(ce) dont je m’étonnais fort qu’on nous laissât en des nécessités si grandes1.

Le Père Lalemant se résolut à employer le seul moyen en son pouvoir pour ne pas exposer ses gens à mourir de faim. Il ramena lui-même en France les vingt ouvriers que le Père Noyrot avait conduits au Canada l’année précédente. Il laissa aux Hurons le Père de Brébeuf, et à Québec “ les Pères Massé, de Noue, un Frère et cinq autres personnes pour ne (pas) abandonner leur maison2. ” Et pour assurer leur subsistance, le Père Lalemant dut payer cher les vivres qu’il acheta'3. Il se procura quelques dix barriques de galettes, du magasin, au prix des Sauvages, à sept castors par barrique de galette, (castors) que le dit Père avait recouverts (achetés) des uns et des autres à un écu comptant par castor, et ainsi (il) achetait chèrement ce que la nécessité leur contraignait, sans trouver aucune courtoisie. Le dit de la Raide, qui était venu pour lors à Québec, rapportait n’avoir eu aucun ordre en France de les assister ni même de repasser, aucun religieux. Tout ceci ne montrait que l’animosité qu’il avait envers les dits Pères, et (comme aussi) le sieur de Caen qui avait eu quelque chose à démêler avec le dit Père Noyrot qui l’avait désobligé, à ce qu’il me mandait4.

1 Champlain, Œuvres, p. 1130.

2. Champlain, Œuvres, p. 1129. Le Père de Rochemonteix indique les mêmes Pères, puis trois coadjuteurs. Les Jésuites et la

Nouvelle-France au xvne siècle, i, p. 166. .

3 Creuxius dit: “ iniquo sane pretio... ” Hist. Canadensis.

Paris, 1664, p. 13.

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