‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 299 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, pp · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, pp

PREMIÈRE ALERTE

a eu ce désir d’avoir de nos filles pour mener en France et les faire instruire en la loi de Dieu et aux bonnes mœurs ; s’il voulait à présent, nous lui en donnerions quelques-unes, n’en serais-tu pas bien content ? A quoi lui répondit le Père Joseph que oui, et qu’il fallait lui en parler1 2. ”

Champlain “ en accepta trois, lesquelles il nomma, l’une la Foi, la seconde l’Espérance et la troisième la Charité. . . Tout son dessein en ce bon œuvre était de gagner ces trois âmes à Dieu et les rendre capables de quelque chose de bon, en quoi je puis dire qu’il a grandement mérité et qu’il se trouvera peu d’hommes capables de vivre parmi les Sauvages comme lui, car, outre qu’il souffre bien la disette et n’est point délicat en son vivre, il n’a jamais été soupçonné d’aucune deshonnetete pendant tant d’années qu’il a demeure parmi ces barbares".

Champlain lui-même fait bien remarquer que les Sauvages n’avaient jamais consenti, même pour de grands présents, à confier quelques-unes de leurs filles à des Français. Il ajoute cette phrase qu’il faut citer : “ Ainsi les Sauvages furent très aises,

et moi aussi, tant pour le bien du pays comme pour l’espérance que je voyais que c étaient trois âmes gagnées à Dieu3. ”

Cela se passait en février 1628. L’hiver avait tardé à venir, le printemps paraît avoir été précoce. Le 27 avril on travaillait dans les champs et Champlain note avec soin que ce jour-là, pour la

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