Champlain, Œuvres, p
PREMIÈRE ALERTE
les bois, ramasser les bouts de vieux cordages pour faire de l’étoupe ; il envoya tuer un bœuf au cap Tourmente pour avoir du suif ; il fit ainsi préparer les choses les plus indispensables pour mettre une barque en état d’aller sur l’eau. Le but de Champlain était d’envoyer en canot à Tadoussac Guillaume Couillard, habitant expert en ce genre de travail, il en reviendrait avec une des barques qu’il aurait mises en état de servir, et sans tarder on renverrait les gens inutiles jusqu’à Gaspe d où ils repasseraient en France par les navires de pêche.
Sur ce arrivèrent à Québec, le 9 juillet, deux hommes du cap Tourmente. Ils apportaient une grande nouvelle, l’arrivée à Tadoussac de six vaisseaux, avaient appris ce fait d’un Sauvage qui arriva le même jour et confirma leurs dires. Ce Sauvage était Napagabiscou ; il était parti en canot de Tadoussac avec un autre Sauvage, ami des Français, en même temps qu’une barque montée par vingt hommes et des Sauvages. Napagabiscou et son compagnon firent diligence. Au cap Tourmente, ils avertirent les Français de l’arrivée des navires à Tadoussac sans pouvoir dire cependant de quelle nation ils étaient. Le sieur Foucher, qui commandait au cap Tourmente, envoya deux hommes à Québec prévenir Champlain1.
Celui-ci demeura fort inquiet au sujet des navires qu’on lui disait être à Tadoussac. Leur nombre était à ses yeux “ chose extraordinaire en ces voyages