Sagard, Hist . du Canada, p
pour la traite1. ” Puis, d’après les rapports, le commandant de la flotte était le capitaine Michel, de Dieppe ; celui-ci, d’après Champlain, pouvait être le même “ qui venait ordinairement à Gaspé faire pêcherie de morues ” ; mais il n’était pas homme propre ” à commander une flotte, (ce) qui nous fit croire, ajoute Champlain, qu’il y avait plus ou moins en l’affaire un changement extraordinaire2. ”
C est pourquoi il dépêcha un canot pour aller au plus vite reconnaître les navires. Le Père Le Caron se préparait alors a se rendre au cap Tourmente pour aller faire le service religieux. Il partit avec un Frère en même temps que le canot envoyé par Champlain.
Cependant, écrit celui-ci, j’étais en méfiance, craignant ce que souvent j’avais appréhendé et les avis que plusieurs fois j’avais donnés, savoir que ce ne fussent ennemis, (ce) qui me fit mettre ordie tant a 1 habitation qu’au fort, pour nous mettre en l’état de recevoir l’ennemi si tel était3. ”
Les deux embarcations, parties de Québec, eurent a peine fait quatre ou cinq lieues ” que le Père Le Caron et les autres qui les montaient “ aperçurent deux canots de Sauvages venir droit à eux avec une diligence incroyable, qui leur criaient du plus loin : à terre, à terre, sauvez-vous, sauvez-vous,
1. D’après le récit de Champlain, il y avait six navires. Œuvres, p. 1154. D’après Sagard, cinq, quatre anglais et un français, pris par l’ennemi à l’île Percée. Hist. du Canada, p. 916.