‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 310 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

de ses amis. Les Anglais lui fournirent l’embarcation, “ un baril de galettes, un baril de biscuits, un autre de pois, un baril d’eau-de-vie et un de vin, avec une couverture et quelques autres petites hardes qu’on lui donna à condition qu’il leur serait fidèle, ce qu’il promit et tout ce qu’on voulut, et n’en fit rien1. ”

En effet, les rusés Sauvages dirigèrent leur marche vers la rive sud du Saint-Laurent, mirent pied à terre, et là, bien tranquilles, firent bonne chère, et ne reparurent plus devant les Anglais. Ceux-ci finirent par apprendre le tour que leur avait joué Pierre- Antoine et jurèrent de pendre ce Montagnais s’ils l’attrappaient. “ Mais, dit Sagard, ils ne tenaient rien, car les Sauvages sont plus difficiles à prendre que des lièvres quand ils tiennent les bois2. ”

Un Algonquin, que nous connaissons également, Napagabiscou, dit Trégatin par les Français, tint en ce temps-là une conduite très digne d’éloge. Voyant la colonie en danger de passer aux Anglais, il inspira au Père Le Caron la pensée d’aller chez les Algonquins pour échapper à l’ennemi et demeurer au Canada, en attendant que la France reprit sa colonie.

Ce brave Sauvage “ qui, plein de ferveur, ne cherchait que l’occasion de rendre service à ses bienfaiteurs et de faire voir que ce n’était pas en vain qu’on l’avait fait chrétien3, ” dit au Père

Page 1