‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 311 sur 344 · Sagard, Hist. du Canada, p · texte numérisé non relu

Sagard, Hist. du Canada, p

HÉROÏQUE RÉSOLUTION

Le Caron : “ Père Joseph, à ce que j’ai pu apprendre, les Anglais brûleront l’habitation (de Québec) et vous feront tous prisonniers, ce qui me serait le plus sensible déplaisir qui me saurait jamais arrivé. Pourquoi je te supplie que tu aies soin de toi et de tes Frères et que tu me donnes Frère Gervais, afin que je l’emmène avec moi au pays des Algonquins ; ce sera un bien pour vous et pour moi, car outre que vous ne tomberez pas entre les mains des Anglais, vous vous perfectionnerez en notre langue, me confirmerez en la foi et enseignerez les autres qui ne sont pas encore instruits, comme moi ; et si tu veux me donner encore un autre de tes Frères, fais-le venir promptement, car j’en nourrirai bien jusques à trois. Si je souffre de la faim, ils en souffriront, et si j’ai de quoi manger, ils en auront, et par ainsi, ils n’auront pas pis que moi, si mieux ils ne peuvent avoir1. ”

La proposition de Napagabiscou était grosse de conséquences. Le Père Joseph Le Caron la communiqua au Frère Gervais Mohier. Celui-ci prit le temps de réfléchir, puis généreusement, il se déclara prêt à “ se rendre misérable parmi les misérables pour l’amour de Dieu qui s’était fait pauvre pour l’amour de nous. ”

Sagard, que nous venons de citer, ajoute, avec raison, que “ cette résolution réjouit extrêmement le Père Joseph et (qu’il) en loua Dieu2. ” Lui aussi .avait pris la même détermination, et acceptait

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