Sagard, Hist. du Canada, p
d’avance les mêmes privations, les mêmes souffrances, plutôt que d’abandonner son pénible mais cher ministère auprès des indigènes. Il alla aussitôt faire connaître ce projet à Champlain et à du Pontgravé et leur dit comment lui et Frère Gervais “ avaient résolu de s’en aller parmi ces pauvres barbares, (pour) travailler à leur conversion et pour y maintenir l’autorité des Français1, ” avec l’espoir que, si le Canada devenait anglais, ce ne serait pas pour longtemps.
“ Messieurs les chefs, dit Sagard, ayant ouï et considéré les raisons de ce bon Père, et que sans appréhension ni de la mort, ni de la faim, il voulait s’exposer dans des hasards aussi périlleux que dangereux, louèrent son zèle, approuvèrent sa résolution et le prièrent de partir au plus tôt, crainte qu’étant surpris par les ennemis, ils ne vinsent à perdre une si belle occasion et l’offre de ce Sauvage nouvellement converti.
Ils se disposèrent pour ce voyage, et ayant laissé Frère Charles et les autres religieux avec les Révérends Pères Jésuites, et imploré le secours de leurs saintes prières, il partirent le 19ème jour de juillet 16282. ”
Le temps était très mauvais, le fleuve très agité ; le vent soufflait du nord-est, ce qui aurait pu être un avantage ; mais l’agitation des flots ralentissait la vitesse des canots. Le vent et les vagues portèrent vers un rocher un des canots sans lui