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Sagard, Hist. du Canada, p

PRISE DE QUÉBEC

de la sorte, d’autant plus qu’il y a'*dans ce fort-là environ cent hommes, tous bien armés, résolus de vendre chèrement leur vie, et peut-être y trouverezvous la mort et des disgrâces pour des victoires. C’est pourquoi avisez à ce que vous avez à faire, car je vous puis assurer qu’ils ne manqueront pas de courage et sitôt que je serai à terre, vous en verrez l’expérience, pour ce que gens à qui on veut ôter injustement et les biens et la vie, ont le courage et la force double, avec le sang échauffé qui leur efface et lève toute crainte de la mort et ne leur laisse aucune appréhension de quelque mal que ce soit, c’est pourquoi je vous dis derechef queïleur attaque vous sera dangereuse1. ”

“ Le capitaine Louis, écrit à ce propos le Dr N.-E. Dionne, parut légèrement déconcerté devant la parole ferme' et presque menaçante du Père, et après avoir consulté les principaux de la flotte, il fit appeler le religieux au milieu du conseil de guerre et là l’amiral lui posa son ultimatum : Champlain devra se rendre sur l’heure, mais il aura le privilège de dresser lui-même les articles de la capitulation. On lui accordait trois heures pour lui permettre de donner une réponse2.

Champlain prit certainement la décision la plus sage en capitulant sans combat. Il y eut des mécontents, cela ne peut étonner personne. Les hommes venus des Hurons avec quantité de fourrures devaient craindre sans nul doute la rapacité du vain-

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