Relation du Père Denis Jamet, chap. vi, de cet ouvrage
EN ROUTE
Quel présage ! Eux qui se proposaient d’aller habiter parmi ces barbares, ne seraient-ils pas victimes de pareils ou de plus cruels tourments ? Et si par bonheur, ils allaient être bien reçus, à la façon sauvage s’entend, par les indigènes d’une tribu, n’allaient-ils pas s’exposer à tomber un jour ou l’autre entre les mains des ennemis de cette même tribu, plus farouches et plus cruels encore peut-être ? Il est tout à fait vraisemblable de supposer que de telles pensées traversèrent l’esprit des missionnaires à la vue de cet horrible spectacle. Mais leur courage n’en fut pas ébranlé, et nous les verrons bientôt à l’œuvre ; nous allons voir en particulier le Père Le- Caron si pressé d’aller faire connaissance avec les Sauvages de la région des grands lacs, qu’il passera à Québec, u sans s’arrêter, ni faire aucun séjour,” ainsi que s’exprime Champlain1.
Après quelques jours passés à Tadoussac, les Pères Denis Jamet, Joseph Le Caron et le Frère Pacifique Duplessis, prirent place dans les barques prêtes à partir pour Québec. Le Père Le Caron ne devait pas être dans la même embarcation que les deux autres Récollets, et il atteignit ^ plus vite Québec, car à leur arrivée vers le 8 juin2, ses deux confrères ne l’y trouvèrent pas, il en était déjà reparti pour se rendre au Sault-Saint-Louis.
Sagard nous décrit les impressions de nos premiers missionnaires à leur arrivée à Tadoussac et ensuite à Québec : “ Sitôt que ces bons Peres furent à terre, ils rendirent grâces à Dieu de les avoir assis-