Vieux mot français signifiant : renfort
3. “ Ils prennent le blé d’Inde pilé, sans ôter la fleur, duquel ils mettent deux ou trois poignées dans un pot de terre plein d’eau, le font bouillir en le remuant de fois et autre, de peur qu’il ne brûle ou qu’il ne se prenne au pot.” Champlain, Œuvres, p. 564.
4. Ces pains étaient faits avec du blé d’Inde pilé, des fèves, quelquefois des bluets ou des framboises, ou encore de la graisse de cerf ; ” puis après, le tout détrempé avec de l’eau tiède, ils en font des pains en forme de galettes, ou tourteaux, qu’ils font cuire sous les cendres. ” Champlain, Œuvres , p. 563.
5. Nous verrons les Récollets s’assujettir à cette nécessité chez les Montagnais. Chez les Hurons, le Père Joseph Le Caron et les Récollets qui le suivront, habiteront une hutte à part, mais ce ne sera pas sans que les Sauvages aient manifesté leur désir de les voir plutôt dans une de leurs cabanes.
RELATION DU PÈRE JAMET
Ces peuples sont fort avant dans les terres, car ils faisaient état d’un mois pour (y) aller du Sault, qui est (à) soixante lieues de Québec, avec leurs canots qui sont plus vites que quelque chaloupe que ce soit de France. Nonobstant toutes difficultés, le Père Joseph, qui est celui auquel vous daignâtes parler, n’a (pas) fait difficulté à s’y acheminer, muni seulement de foi et d’espérance. Dans un an, Dieu aidant, nous le verrons et saurons de lui s’il y a moyen de faire fruit.
Le plus assuré moyen, Monseigneur, sont les peuplades de Français1 2. Le roi peut plus posséder en ce pays avec peu de frais qu’il ne saurait ailleurs avec beaucoup de dépens et effusion de sang, car grâce à Dieu, il n’y a point d’ennemi à combattre’. Les Sauvages le souhaitent pour leur assurance. Les Hurons promettent de quitter leur pays encore
1. Quel juste coup d’œil ! Quelle parfaite unité de vue avec Champlain ! Ils voyaient bien et loin. Il fallait coloniser avant tout et l’on commerçait avant tout. Il fallait établir au pays une triple source de vitalité et une triple force de résistance, pour être en droit de compter sur un avenir brillant : la religion, les Récollets venaient pour cela, la force armée protégeant la colonie contre une attaque étrangère ou les surprises des Sauvages, il n’y en avait pas, l’agriculture mettant la colonie à l’abri de la famine en lui permettant de se pourvoir par elle-même, il y avait des marchands mais ceux-ci ne voulaient pas de colons.
Nous aurons maintes fois l’occasion de voir Champlain et les Récollets toujours unis soutenir jusque devant le roi les vrais intérêts de la colonie, leur nouvelle patrie.
2. En 1615, la colonie n’avait réellement pas d’ennemis. Tous les Sauvages, depuis le golfe jusqu’aux grands lacs, pactisaient avec les Français. Les Iroquois, devenus ensuite si dangereux, n’étaient pas encore venus menacer Québec.
que déserté1 et fertile en blé d’Inde et de venir habiter ce pays auprès des Français ; d’autant que la chasse d’orignal, de cerfs et autres (bêtes) y est fort bonne. Je conseille les parents de ne plus contraindre leurs enfants à se faire moines pour ne point diviser leurs terres, de leur donner ce qu’il leur coûte à ce faire, et les envoyer en ces pays où il y a assez de belles terres. La noblesse qui consomme ses terres en superfluités, ferait fort bien de se retrancher un peu (de son superflu) et chacun ferait seulement (au Canada) une peuplade de quinze hommes (que ce serait bien). Ceci aussi est une affaire du roi; que, s’il n’y veut dépendre du sien, il y a en France tous les ans un si grand nombre de coupables pour un (ou) deux mauvais actes seulement et qui d’ailleurs étaient honnêtes hommes. Si on les reléguait ici, j’estime que ce serait user de miséricorde et justice, de miséricorde en leur donnant la vie, de justice en les bannissant de leur pays. Et ainsi, dans peu d’années, on ferait une seconde France2.;^ Je ne promets rien que belles