‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 59 sur 344 · Leclercq, Premier Etablissement de lafoy, I, p · texte numérisé non relu

Leclercq, Premier Etablissement de lafoy, I, p

2. En 1613 Champlain se rendit jusqu’à l’île des Allumettes. Œuvres, p. 454 et ss.

Bientôt Champlain se trouva à l’extrémité du lac Nipissing et les canots purent être remis à flot. Tout le jour on passa près d’îles verdoyantes et le long de rives boisées. Enfin, apparurent les signes de la vie humaine et les groupes de huttes d’écorce abritées par l’étendue des bois. On était au milieu de la tribu algonquine, nommée par courtoisie une nation, les Nipissings, dénoncés précédemment par Tessouat1 et dont les maléfices et le commerce avec les démons étaient tels que les J ésuites ne les appellent plus tard que les sorciers2.

“ C’est dans cette douteuse compagnie que Champlain passa deux jours, régalé de poissons des lacs et de chair d’ours et de daim. Enfin, traversant le lac (Nipissing), ses canots s’engagèrent dans le courant de la rivière Française.

“ Les jours s’écoulaient et aucune trace d’habitation ne se montrait plus ; la faim se faisait durement sentir, car les dix Indiens avaient dévoré toutes les provisions du voyage, et on dut vivre de groseilles noires et de framboises sauvages qui

1. Tessouat était un vieux capitaine Algonquin. C’est au voyage de 1613 que Champlain lui entendit dire “ que ces peuples étaient sorciers et qu’ils avaient fait mourir beaucoup de leurs gens par sorts et empoisonnements et que pour cela ils n’étaient point amis. ” Œuvres, p. 460.

2. Les Jésuites ne firent plus tard qu’employer le surnom de sorciers donné depuis longtemps aux Nipissings. Champlain en 1613, nous venons de le noter, entendit Tessouat les appeler ainsi. Œuvres, p. 460. Sagard fait remarquer que : “ Les Français appellent ordinairement les Ebicerinys le peuple sorcier, non qu’ils le soient tous, mais pour ce que c’est une nation qui fait particulière profession de consulter le diable en leur nécessité. Hist. du Canada p. 193.

poussaient en abondance sur ce maigre sol....

“ Bientôt, se dessina sur l’horizon la ligne de cette mer intérieure, que le premier d’entre les hommes blancs, à l’exception de l’humble religieux, Champlain devait voir1 ; il approchait de la mer douce ou mer des eaux douces des Hurons2. ”

Ce n’était pas encore le pays des Hurons. Les deux canots entrèrent dans la baie Géorgienne et la parcoururent jusqu’à son extrémité sud, appelée la baie Matchidache, ce qui faisait une course de “ plus de cent milles3 ” ; “ jusques à ce que, écrit Champlain, nous arrivâmes en la contrée des Attigouautans, à un village appelé Otouacha, qui fut le premier jour d’août4. ” Champlain fut émerveillé par la beauté et la fertilité du pays des Hurons.

“ Ce pays, écrit Leclercq, qui cite un mémoire du Père Le Caron, n’est pas de grande étendue : on le peut traverser commodément en cinq ou six jours de temps. Le climat y est fort agréable, beaucoup plus modéré que celui de Québec. La terre, quoique sablonneuse en plusieurs endroits, est fertile et produit avec abondance du blé d’Inde, des faivrolles et des citrouilles5. ”

L’histoire des Hurons commence à proprement

1. Parkman dit fort justement que le Père Le Caron fut le premier Européen à voir le lac Pluron ; il ne faut pas oublier cependant que douze Français l’accompagnaient en ce voyage.

2. Parkman, Les Pionniers Français dans l’Amérique du Nord, p. 333 à 336.

3. Parkman, Les Pionniers Français dans V Amérique du Nord,, p. 336.

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