Œuvres, p. 545' et
trées, divisait en ce moment les Hurons de la tribu de l’Ours et les Algonquins de la petite nation. Les premiers avaient donné au capitaine Iroquet, Algonquin, un jeune Tsonnontouan, pour le faire mourir dans les tourments. Iroquet, loin de le faire périr, le prit en amitié. Les Hurons furieux envoyèrent tuer le prisonnier; les Algonquins massacrèrent sur le champ le Huron meurtrier. De la, grande surexcitation chez les uns et chez les autres. Il n’entre pas dans notre sujet de raconter en detail la suite de cette affaire1 2 . Disons seulement que Champlain fit preuve en cette circonstance d’une grande prudence et sagesse et parvint à calmer les
esprits de part et d’autre.
Champlain et le Père Le Caron demeurèrent chez les Hurons jusqu’au printemps. Le premier étudia le pays et les moeurs de ses habitants, le deuxième y joignit l’étude de la langue dans laquelle il devait se rendre expérimenté.
Le temps de la traite était arrivé. Les Hurons, les Français, Champlain et le Père Le Caion, se préparèrent au long voyage. “ Nous partîmes de leurs pays, écrit Champlain, le vingtième jour du dit mois (mai) et fûmes quarante jours sur les chemins...., jusqu’à ce que nous arrivâmes à nos Français, ce qui fut sur la fin du mois de j uin . C’est au Sault-Saint-Louis que s’arrêtèrent d’abord les canots. Du Pontgravé s’y trouvait. Les vais-
1. Œuvres de Champlain, p. 549 à 557. Parmi les historiographes récents, voir Mb le Dr N. E. Dionne, Samuel Champlain, n, pp. 33, 34, 35.