Champlain, Œuvres, p
Et voici qui nous révélera encore davantage les nobles pensées de Champlain : “ Il est à propos
de dire qu’ayant reconnu aux voyages précédents qu’il y avait en quelques endroits des peuples arrêtés et amateurs de labourage, n’ayant ni foi ni loi, vivant sans Dieu et sans religion comme bêtes brutes, lors je jugeai à part moi que ce serait faire une grande faute si je ne m’employais à leur préparer quelque moyen pour les faire venir à la connaissance de Dieu. Et pour y parvenir, je me suis efforcé de rechercher quelques bons religieux qui eussent le zèle et affection à la gloire de Dieu1. ”
Quel chrétien était le fondateur de Québec ! Qu’il nous apparaît différent de tant d’autres découvreurs, dont les entreprises n’eurent souvent pour mobile que la cupidité et la soif des richesses ! Quel zèle en Champlain pour le salut des âmes et la gloire de Dieu ! Aussi bien n’eut-il de repos que lorsqu’il eut atteint son but en trouvant des missionnaires. S’il ne put réaliser son projet avant 1615, c’est qu’il se heurta à une grave difficulté : où trouver les ressources indispensables à l’entretien des missionnaires ? Ses ressources personnelles étaient insuffisantes. “ Il fallait faire une dépense, dit-il lui-même, qui eut excédé mon pouvoir et pour cette raison, j’ai négligé cette affaire pour ua temps2. ”
; Passé au Canada au printemps de 1613. Cham-