‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 90 sur 344 · Champlain, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Champlain, Œuvres, p

depuis 1616 et nul n’avait jamais su ce qu’ils étaient devenus, quand au printemps de 1618, leurs cadavres furent retrouvés vers le cap Tourmente. L’un de ces Français était un matelot de l’île de Ré, appelé Charles Pillet, l’autre était un serrurier dont le nom n’est pas connu. Celui-ci avait un jour malmené un des meurtriers, et le Sauvage vindicatif avait conservé son désir de vengeance jusqu’au jour où le serrurier et le matelot, ayant été à la chasse au cap Tourmente, il les suivit en compagnie d’un autre Sauvage. Ces misérables, ayant découvert les deux Français, les tuèrent, puis lièrent ensemble leurs cadavres, les attachèrent à de grosses pierres et les jetèrent dans le fleuve. Mais avec le temps, quelques-uns des liens se rompirent ; les corps, dégagés des pierres qui les retenaient au fond de l’eau, et revenus à la surface, furent menés vers la rive nord et jetés par la vague loin sur le rivage, où les Français les découvrirent. Ils les transportèrent à Québec.

Un Sauvage, ayant à se venger d’un des meurtriers, fit connaître ces derniers. Les Sauvages, ayant su que les Français avaient découvert le crime commis par deux des leurs, “ entrèrent en défiance et crainte que nos gens n’exerçassent sur eux la vengeance de ce meurtre1. ” L’orage se préparait ; s’il avait éclaté, c’eût été la ruine de la colonie, incapable qu’elle était de résister aux barbares qui l’auraient assaillie. “ On était menacé, écrit Sagard, de huit cents Sauvages de diverses

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