Sagard, Hist. du Canada, p
LE PREMIER JUBILE
ce qu’il fit à l’instant même ; mais comme il pensa lui parler de son salut. . . il lui répondit d’une voix affreuse, souvent réitérée : Mon Père, il est trop tard, il est trop tard, et n’en pu jamais tirer autre réponse pendant trois quarts d’heure de temps qu’il demeura là auprès de lui, et (cet Ecossais) mourut ainsi désespéré de la miséricorde de Dieu1. . . ”
Le grand navire arriva à Tadoussac le 24 juin 1618 ; l’autre, plus petit, y était déjà. “ Dès le lendemain au matin, écrit Champlain, le sieur du Pont et moi nous remontâmes en une petite barque du port de dix à douze tonneaux, comme d’autre part le sieur de la Mothe avec le Père Jean Dolbeau, religieux et l’un des commis et facteurs des marchands, appelé Loquin, s’embarquèrent en une petite chaloupe et ainsi partîmes ensemble du dit Tadoussac ... et arrivâmes à Québec ... le vingt-septième jour de juin ensuivant où nous trouvâmes les Pères Joseph, Paul et Pacifique, religieux, avec le sieur Hébert et sa famille et autres hommes de l’habitation se portant tous bien, et joyeux de notre retour, en bonne santé eux et nous, grâces à Dieu2. ”
Les Sauvages attendaient depuis assez longtemps aux Trois-Rivières l’arrivée des Français pour la traite. Aussi le sieur du Pontgravé, à peine arrivé à Québec, en repartit aussitôt avec une partie des marchandises qu’il avait apportées. Déjà, plusieurs