‹ Les francs-taupins (volume 2)Chapitre 13 sur 15 · L'ASSEMBLÉE DE BL0I · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLÉE DE BL0I

ajouta le comte de Dunois qui cherchait un prétexte pour se retirer du complot.

— Le commun servira du moins à faire nombre pour épouvanter le connétable, dit La Tremoille. Recordez- vous que l'an 1-434, les bonnes gens de la Basse-Normandie et du pays de Caux se mirent sus contre les Anglais , et s'assemblèrent bien quatre-vingt mille pour le roi de France aider.

— Tant et si bien besognèrent ces beaux soudards, reprit le comte de Vendôme, ne tenant aucun ordre de justice et de raison , qu'ils causèrent moult grands maux par leurs excès aux abbayes et églises, dépouillant les pauvres prêtres et emportant les plus sacrées reliques, tant que je craignis pour ma très-sainte Larme.

— Finalement à rien ils ne profitèrent , et furent bientôt soumis aux Anglais comme devant , repartit Dunois ; car ils n'obéissaient à leurs capitaines , non plus à messire de Rochefort , maréchal de France, voire à mon cousin d'Alençon , qui pensèrent les entretenir et gouverner. Ils détruisaient le pays et prenaient sur le peuple chacun à sa volonté; tant qu'il ne demeura ni hommes ni femmes , sinon aux forteresses , lesquelles furent prises bien légèrement , car il n'y avait que manger. Ainsi , ne sortit nul profit de l'entreprise , pour ce que la guerre est le fait des vrais gentilshommes.

— Notre-Dame de Chartres nous illumine ! répliqua le comte de Vendôme; toutefois notre entreprise sera mieux renforcée, si les gens de communes y ont intérêt, c'est pourquoi convient-il de ne fouler le peuple, ne prendre vivres sans payer, et empêcher le pillage des gens d'armes, leurs violences et impiétés...

— Ces honnêtes gens d'armes se plaindront de votre jugement, monseigneur, interrompit Chabannes , qui crut répondre à une attaque indirecte contre ses antécédens militaires : ils ne pillent que les ennemis du roi, sont bons catholiques, et n'usent de vive force qu'envers les mauvais hospitaliers qui leur dénient la pitance et leur dressent embûches. Les laboureurs et manans, qui cultivent la terre, doivent honorer ceux-là qui la gardent, et si lesdits manans veulent faire armes, m'est avis que nous irons de la sorte labourer la terre en leur place; est-ce pas noble ouvrage de chevalier ?

— Ne vous querellez pour si peu , dit à son tour le duc de Bourbon en appuyant la main sur son cœur. Mettons en notre parti les Taupins et autres menuailles qui nous offrent leurs corps et biens sans réserve ni condition ; le peuple nous tiendra pour ses alliés et défenseurs , moyennant quoi nous ne trouverons grosse résistance ; puis , nos brigues appointées, on ne se souciera plu

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