XXXII L HISTOIRE
de même qu'au roman historique ; autrement on bâtit dans le vide.
— Ces connaissances se bornent au grec et au latin , parce que nombre d'ouvrages à consulter sont écrits en ces deux langues. Le latin surtout est indispensable pour les chroniques et les diplômes. Mais je ne vois pas de quelles connaissances vous voulez parler , si ce n'est l'art du tailleur, de l'ébéniste, de l'armurier , enfin un abrégé de l'Encyclopédie?
— Ne riez pas ; Thistorien ou le romancier , comme je l'entends , doit avoir une teinture de toutes les sciences , teinture légère , il est vrai , mais suffisante pour une appréciation vraie des choses , et comme préliminaire d'une étude plus approfondie; car toutes les sciences , les plus abstraites et les plus étrangères , ont leur place dans l'histoire ou dans le roman. Il n'est pas jusqu'à l'astrologie , jusqu'à l'alchimie , jusqu'à la chiromancie qu'il ne faille avoir effleurées ! Dieu me garde d'oser prétendre à cette universalité de savoir qui ferait ma joie , et qui est hors de la portée de ma mémoire ! Cependant j'y supplée de mon mieux avec les livres , et j'aime à me bien représenter moi-même et à toucher du doigt les