Moàbitisch oder Selimisch} Stuttgart
d'Oumm er-Resâs ! Il suffit de retourner son dessin, qu'il a mis k tète en bas, et de le comparer lettre à lettre à la dite inscription pour que la chose saute aux yeux, bien que les caractères y soient interprétés de la façon la plus naïve et que plusieurs d'entre eux aient été omis.
Puis ce fut une tète de statue grotesque en pierre calcaire, ornée sur le cou et sur le crâne d'inscriptions moabites invraisemblables. J'ai pris, en 1874, une photographie de cette tète, qu'on assurait avoir été exbumée à Jérusalem même et que son possesseur estimait alors à 20 livres sterling.
En voici la reproduction :
Elle offre dans sa grossièreté une particularité curieuse. Les traits rappellent d'une façon frappante ceux de Martin Boulos lui-même. Cette imitation inconsciente est un phénomène bien connu dans les arts primitifs, où l'artiste reproduit pour ainsi dire à son insu son type individuel ou ethnique.
Vinrent ensuite une inscription indéchiffrable gravée sur un fragment de colonne de porphyre; une inscription de Madeba contenant, prétendait-on, la relation d'une victoire remportée sur les Moabites par les Israélites sous le commandement de Moïse (i)! etc., etc.
I . Cette inscription a fait grand bruit dans son temps, et je dois en dire quelques mots. M. Sha-
fnra, qui en était encore l'heureux possesseur, l'avait ui-môme déchiffrée et traduite. Il avait communiqué sa découverte à un Anglais, de passage à Jérusalem, sir Henry Lumley. Celui-ci s'empressa d'en faire part au public dans une lettre enthousiaste qui parut dans le Times ^ le 29 novembre 1871, et qui fit tout d'abord grande impression : « Il m'a été donné, disait-il, de voir et d'étudier la pierre. Elle a 36 pouces de haut sur 18 de large. C'est un granit sur lequel sont gravés des caractères tout sem-
J'en passe, et des meilleures. Je ferai cependant une exception pour le cas suivant.
blables aux lettres sinaïtiques. L*insaiption a six lignes. Elle est d*un intérêt bien plus considérable que la stèle de Mésa, car elle porte en toutes lettres le nom de Moïse, qui lui-même a arrangé, vu et apjprouvé le texte et Ta sans doute fait graver pour perpémer le souvenir de la victoire (flsraêl sur koab. Elle a été rapportée par un cheikh des ruines de la ville de Medeba, située à 45 milles à Test en
ligne droite de Jérusalem. J'en ai pris une copie
3ue je rapporte en Angleterre avec tes explications es gens d'ici qui connaissent l'histoire de la
pierre. »
Hélas ! Ton ne tarda guère à s'apercevoir qu'il en fallait singulièrement rabattre. Cette merveille qui se présentait comme la revanche d'Israël sur Moab et qui ne prétendait à rien moins qu'à reléguer la stèle de Mesa au troisième plan, u était pas autre chose qu'un nouveau pastiche de l'inscription nabatéenne d'Oumm er-Resâs dont j'ai parlé plus haut.
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INSCRIPTION MOABITICO-CUNÉIFORME
Dans une lettre datée du 23 octobre 187 1 , le frère Liévin [m'envoyait de Jérusalem à Constantinople la copie, au crayon, d'une prétendue inscription, qui lui avait été remise encore par Martin Boulos.
Celui-ci affirmait tenir cette copie d'un Bédouin.
L'original existait, assurait-il, dans une localité située de l'autre côté du Jourdain.
Peu après, j'en reçus un estampage par la même voie.
L'inscription se compose de quatre lignes de lettres phéniciennes grossièrement imitées de celles de la stèle de Mésa, et agréablement mélangées de lettres grecques.
Au-dessus sont trois lignes de caractères cunéiformes.
Uapparition du cunéiforme sur ce nouvel échantillon de l'infatigable activité des faussaires, n'était pas pour me surprendre.
J'avais en effet, reçu moi-même, à Jérusalem, quelques mois auparavant, la copie, faite par un Arabe, d'une brique à inscription cunéiforme de bonne apparence. Cette brique^ que j'ai tout lieu de croire authentique et qui est inscrite au nom de Nabuchodonosor, avait été amenée, Dieu sait par quel hasard, dans les mains des Bédouins d'outre-Jourdain.
En voici la reproduction (Planche n° 4 A).
Sur le verso du papier sont figurés quelques autres caractères cunéiformes avec deux mots arabes (B).
Je n avais, d'ailleurs, pas réussi à en voir l'original. En tout cas, c'est de ce modèle que Martin Boulos s'était probablement inspiré pour fabriquer son texte en partie double.
Bien entendu cette nouvelle tentative n'eut pas plus de succès que les précédentes, et l'inscription moabitico-cunéiforme re$ta pour compte à son auteur.