‹ Les fraudes archéologiques en Palestine: suivies de quelques monuments phéniciens apocryphesChapitre 15 sur 67 · LE SCEAU DU ROI DAVID · texte numérisé non relu

LE SCEAU DU ROI DAVID

A la fin de 1873, ^^ ^^ commencement de 1874, au cours de la mission dont m'avait chargé le Palestine Exploration Ftmdy je recueillis un intéressant spécimen de l'industrie des faussaires hiérosolymitains.

Un certain M. Albengo m'aborda un jour dans une des rues de la Ville Sainte, et me présenta une petite gemme, une cornaline rouge, si j'ai bonne mémoire, en forme de cône tronqué.

No 5 . Aspect de la gemme.

Sur la face la plus large de l'intaille

était gravée une inscription de quatre lignes, en caractères hébreux archaïques, d'aspect quelque peu étrange, imités assez maladroitement de ceux de la stèle de Mésa.

L'inscription était disposée à l'envers, comme celle des anciens cachets phéniciens destinés à reproduire par impression la légende à l'endroit.

Elle se laissait lire sans difficulté malgré les bizarreries, voulues ou accidentelles, de plusieurs lettres :

Le serviteur de Jehovah, Dcivid^ roi.

Le propre sceau du roi David ! Et cela pour la modique somme de dix francs!

C'était vraiment donné.

Inutile de dire que je ne crus pas devoir profiter de cette bonne fortune. Je me bornai à prendre une empreinte et un croquis du monument dont j'ignore les

destinées ultérieures. Peut-être reparaîtrat-il un jour dans la collection de quelque amateur moins sceptique.

En voici la reproduction :

N** 6. Sceau du roi David.

L'on remarquera que le lapicide moderne a ramené plusieurs des caractères archaïques aux formes de l'alphabet grec et latin. Les hé sont faits exactement comme des E; le lamed comme L. Le haph^ en revanche, a la physionomie d'un kaph hébreu carré : 3, et le waw est orné d'un trait parasitaire qui lui donne la physionomie d'un K.

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