‹ Les fraudes archéologiques en Palestine: suivies de quelques monuments phéniciens apocryphesChapitre 18 sur 67 · LE SARCOPHAGE DE SAMSON · texte numérisé non relu

LE SARCOPHAGE DE SAMSON

En 1877 M. Shapira apporta à Londres un monument qui avait de hautes prétentions; ce n'était rien moins qu'un morceau du sarcophage de Samson. Mais comme à ce moment même les poteries moabites venaient de recevoir un rude assaut, ce monument ne fut pas pris au sérieux. M. Shapira lui-même, voyant qu'il n'y avait rien à en tirer, et que le vent soufflait à l'incrédulité, vira de bord adroitement et, après avoir d'abord produit le monument sans se prononcer, déclara qu'il Tavait apporté à simple titre d'échantillon de l'industrie des faussaires de Terre Sainte, pour montrer combien une véritable fraude était facile à reconnaître !

Bien qu'il s'agisse d'une tentative avortée, ce document, digne d'un meilleur

sort, n'en mérite pas moins de figurer en compagnie de ses frères plus fortunés.

L'original, s'il est permis d'employer par«eil mot pour pareille chose, est déposé à l'office du Palestine Exploration Fund,

C'est une grande ieuille de plomb de deux millimètres d'épaisseur, longue de i"*,2o et large de 0^,45 environ. (Voir la planche n° 8.) Sur l'une des faces est gravée en creux une inscription de trois lignes en caractères pseudo-moabites ou hébreux archaïques de haute fantaisie et qui ne valent pas la peine d'être soumis à un déchiffrement sérieux. Il suffit de dire qu'on y reconnaît sans difficulté dans le dernier mot le nom àtSafnson{i),

Cette feuille de métal pouvait passer, à la rigueur, pour former le côté d'un sarcophage antique. On trouve, en effet, assez fréquemment en Syrie des sarcophages en plomb de l'époque grecque et byzantine.

Le métal présente ici, au premier coup d'œil, un assez bon aspect de vétusté.

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