‹ Les fraudes archéologiques en Palestine: suivies de quelques monuments phéniciens apocryphesChapitre 19 sur 67 · I. Écrit Chimchon, awQcle waw dQluîecliopîenaJ · texte numérisé non relu

I. Écrit Chimchon, awQcle waw dQluîecliopîenaJ

Il est tout à fait oxydé. Il est hors de doute que les faussaires ont réussi à se procurer^ pour établir leur faux, une feuille de plomb d'un certain âge. Je soupçonne que cette feuille provient de la couverture de la coupole de l'église du Saint-Sépulcre ou bien de la mosquée d'Omar, qui ont été réparées dans ces dernières années.

L'on y a gravé les caractères peu profondément, avec une pointe mousse, de façon à ne pas briser la pellicule d'oxyde qui, en général, s'est enfoncée dans les creux sans rupture.

Cependant, en dépit de ces précautions, l'on distingue parfois, sur l'arête des traits, des déchirures de la pellicule d'oxyde laissant voir le métal sous-jacent, plus brillant, mis à vif.

Bien que M. Shapira ait décliné toute responsabilité dans cette tentative et assuré, après coup, qu'il n'avait pas été dupe de ce monument, il est bon de noter pour notre gouverne que c'est encore par ses mains qu'il a passé et a été livré au grand jour.

ANNEAU d'argent, AVEC INSCRIPTION HÈBRÈO-PHÉNICIENNE

En octobre 1881, Ton offrit à l'archimandrite russe de Jérusalem un grand anneau d^argent massif d'environ quatre centimètres de diamètre, muni d'un chaton circulaire, de même métal, sur lequel était gravée en rond, une légende de vingt et un caractères de forme phénicienne ou hébraïque archaïque.

No 9 rt. Anneau d'argent.

Le commencement et la fin de la légende étaient séparés par l'interposition d'une étoile à six branches formée par l'intersection de deux triangles ; c'est le signe talismanique que les musulmans appellent couramment le sceau de Salomon [Khâtlin Soleiman).

N^ 9 /'. inscriptii

Au centre du chaton était représenté une sorte de vase à pied, coupe ou lampe, ou plutôt encensoir, suspendu par une triple chaîne et rappelant singulièrement l'encensoir qui figure sur certains monuments de l'Orient latin du moyen âge.

L'objet, assurait-on, avait été trouvé i Siloé.

Ce n'est pas sans raison qu'on lui attribuait cette provenance.

Cette localité de Jérusalem venait d'être récemment signalée à l'attention par la découverte de l'inscription hébraïque archaïque gravée sur le roc, dans l'aqueduc deSiloé, inscription du leste, parfaitement authentique, dont j'ai déjà parlé.

On avait apporté ce sceau en grand mystère à Tarchimandrite et Ton insistait pour l'acquisition immédiate, sans quoi Ton menaçait de l'aller offrir ailleurs. La bande noire qui exploite Jérusalem connaît à merveille la rivalité qui règne parmi les Européens habitant cette ville, au sujet des antiquités, et elle sait en tirer à l'occasion un habile parti.

J'étais alors vice-consul à Jaffa. L'archimandrite m'envoya aussitôt des empreintes et un dessin, en me priant de lui donner mon avis par le télégraphe.

Je n'eus pas de peine à le convaincre qu'il avait affaire à un faussaire éhonté, et le possesseur fut éconduit.

La légende, sur l'apocryphicité de

laquelle il n'y avait pas de doute possible, me parut assez difficile à déchiffrer. Les caractères semblaient avoir été empruntés en partie à l'alphabet de la stèle de Mésa, en partie à celui des anciens sicles ou monnaies juives de Tépoque des Machabées.

Elle débutait par le mot H^q^ « cachet » , mot rare et même inconnu sous cette forme hébraïque. Il avait été visiblement pris dans le passage du texte chaldéen de Daniel (i), disant que Darius scella de son sceau la fosse aux lions où il avait fait jeter le prophète.

Ensuite venait, à ce qu'il semble, le nom de Jaïre (2). Le reste était très peu clair. Je n y reconnus avec certitude que le mot qahal « assemblée ».

Mais ces fraudes ne valent vraiment pas la peine qu'on discute sérieusement le sens qu'ont visé leurs auteurs, le plus souvent fort ignorants.

1. Daniel VI, 18, Np77. Ce mot araméen se retrouve plusieurs fois dans les Targum .

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