‹ Les fraudes archéologiques en Palestine: suivies de quelques monuments phéniciens apocryphesChapitre 2 sur 67 · LA STÈLE DE MÈSA · texte numérisé non relu

LA STÈLE DE MÈSA

La première en date et en importance est cette stèle de Mésa, roi de Moab, que j'ai eu la bonne fortune d'arracher aux griffes des Bédouins en 1870 et de rapporter au Louvre, dont elle est, de Taveu de tous, l'une des plus précieuses conquêtes.

Ce document inestimable, écrit en lettres phéniciennes et en langue moabite, dialecte frère de l'hébreu^ peut être, en effet, considéré comme une page originale de la Bible, datée, avec certitude, du.ix® siècle avant notre ère (i).

Il nous raconte les luttes politiques et re-

I. Voir mon mémoire intitulé La stèle de Dhibdn ou stèle de Mésa, roi de Moab, 8^6 avant J.-C, — In-4**, avec 2 planches. 1870.

ligicuscs de Moab et d'Israël, entre David et Josaphat, et nous fournit une contrepartie singulièrement instructive des récits de cette période contenus dans les livres des Rois.

Il a de plus le mérite, peut-être encore supérieur, de nous apporter le plus ancien spécimen connu de l'écriture alphabétique, de ces vingt-deux caractères phéniciens venus jusqu'à nous par les Grecs (i) et les Latins ; c'est-à-dire le prototype môme de notre ABC, de l'instrument universel dont la majeure partie du monde civilisé se sert encore aujourd'hui pour fixer la pensée.

I . Cf. mon mémoire inséré dans les V^élauges Graux (p. 415-460) : Un chapitre de Vhistoire de TA B C ; origine des caractères complémentaires de Valphdbet grec T * X ^' û.

INSCRIPTIONS HÉBRÉO-PHÈNICIENNES DE

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