‹ Les fraudes archéologiques en Palestine: suivies de quelques monuments phéniciens apocryphesChapitre 3 sur 67 · JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

JÉRUSALEM

La Stèle de Mésa est un document hébreu. Ce n'est pas un document, à proprement parler, Israélite.

La ville même de Jérusalem nous a livré jusqu'ici quatre textes réellement Israélites. Ils présentent tous quatre cette particularité d'être gravés sur le roc même — ce qui les localise avec une entière garantie — et inscrits dans un cartouche ou encadrement en creux.

Ce sont, d'abord, deux inscriptions, malheureusement fort mutilées, que j'ai découvertes, en 1 870, sur la paroi extérieure d'un caveau creusé dans le roc, à Selwân, aux portes môme de Jérusalem. Elles sont également en caractères archaïques de

forme phénicienne, et sont antérieures à la destruction du royaume de Juda par les Chaldéens en 588 avant notre ère (i).

Vient ensuite un texte extrêmement curieux, découvert, il y a environ trois ans, par des enfants arabes qui se baignaient dans la piscine de Siloé, au pied de Jérusalem. C'est la relation, gravée sur le roc, en caractères archaïques, de l'opération accomplie par les ingénieurs Israélites qui avaient creusé sous le mont Moriah un tunnel de plus de 500 mètres de long, destiné à faii^ communiquer la source dite de la Vierge avec la piscine de Siloé. Ce tunnel, qui existe encore, est, en petit, une œuvre analogue au percement du mçnt CenisetduSaint-Gothard,etrinscription(2)

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1. Les originaux, excisés par mes soins, sont aujourd'hui déposés au British Muséum. Je compte les publier prochainement.

2. J'en ai pris d'excellents moulages déposés aujourd'hui au Louvre et au Cabinet du Corpus inscriptiontim semiticarum dont la Commission avait bien voulu mettre à ma disposition les fonds nécessaires pour cette opération.

nous apprend que les ingénieurs israélitcs, procédant comme nos ingénieurs modernes, ont attaqué simultanément le tunnel à ses deux extrémités et se sont exactement rencontrés au milieu.

Enfin, en 1 88 1, j'ai constaté l'existence d'une quatrième inscription de même nature, gravée au-dessus de la porte d'un joli petit édicule monolithe de style égyptien, taillé tout entier dans le roc (i). Ce curieux monument, qui s'élève dans le village de Selwân et qui a toujours attiré l'attention des archéologues et des touristes sans qu'on y soupçonnât la présence d'une inscription, peut donc être à bon droit considéré, désormais, comme un échantillon authentique de l'architecture Israélite à l'époque des rois de Juda.

I . Voir ma Mission en Palestine et en Phénicie, V® Rapport, p. m, n° 73, gravures A, B, C, D, E 01 planche II, D.

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