‹ Les fraudes archéologiques en Palestine: suivies de quelques monuments phéniciens apocryphesChapitre 24 sur 67 · LES FAUSSES POTERIES MOABITES DE BERLIN · texte numérisé non relu

LES FAUSSES POTERIES MOABITES DE BERLIN

N 1872, j'eus Toccasion d'examiner à Londres, à l'office du Palestine Exploration Fundy une quantité d'aquarelles exécutées à Jérusalem d'après une série d'objets en terre cuite d'aspect singulier. Cette collection rapportée, assurait-on, du pays deMoab, consistait principalement en figurines bizarres, vases, urnes, tablettes, etc. , littéralement couverts de caractères d'apparence phénicienne, le tout d'un art des plus bouffons, relevé fréquemment par une forte pointe d'obscénité qui, semble-t-il, avait vivement frappé l'attention de divers connaisseurs. Les originaux appartenaient, me dit-on, à M. Shapira de Jérusalem, qui était en négociation avec le musée de Berlin pour les vendre.

Les aquarelles avaient été exécutées sur

place par MM. Conder et Drake, chargés d'une mission topographique et archéologique en Palestine par le Palestine Exploration Fund, avec l'assistance du Dr Chaplin.

Leurs envois successifs se montaient à plus de deux cents numéros.

Ces messieurs étaient alors parfaitement convaincus de l'authenticité des monuments qu'ils se donnaient tant de peine pour reproduire.

Il suffit pour s'en assurer de parcourir leurs lettres et leurs rapports publiés à l'époque.

Ainsi M. Drake, dans une lettre datée du 12 octobre 1872(1) se prononce formellement pour l'authenticité. Il insiste sur la variété d'exécution et de style des monuments, variété qui implique une diversité de mains et d'époque ; sur la fragilité de la matière; sur la connaissance intime des mystères du culte phallique, que suppose chez les auteurs de ces monuments l'emploi de certains motifs

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